VIACOM contre YOU TUBE / Christophe ALLIX
samedi 17 mars 2007, par LN
Viacom contre YouTube : le droit d’auteur se projette au tribunal par Christophe Alix
mercredi 14 mars 2007
Le groupe réclame un milliard de dollars pour la diffusion de 160 000 vidéos.
Après des mois de négociations, le géant des médias Viacom change de tactique avec YouTube. Présent dans la télévision et le cinéma, le groupe a annoncé hier avoir porté plainte, devant un tribunal de New York, contre Google et sa filiale de partage de vidéos. Le motif ? « Violation massive et intentionnelle des droits d’auteur », avance Viacom, qui a recensé sur YouTube près de 160 000 clips non autorisés extraits de ses émissions. 160 000 vidéos que les internautes auraient déjà consommé « plus de 1,5 milliard de fois ». Une infraction à un milliard de dollars de dommages et intérêts d’après Viacom, qui demande également à la justice d’interdire à l’avenir toute diffusion de ses contenus sur YouTube.
Jusqu’à présent, YouTube, dont l’effet subversif dans le monde de la télévision rappelle celui de Napster dans la musique au début des années 2000, était parvenu à calmer les ardeurs procédurières des majors. En retirant les clips litigieux à la demande des ayants droit d’une part. En promettant, d’autre part, un partage des recettes publicitaires en compensation de la libre diffusion en ligne de contenus sous copyright. Le problème, c’est qu’aucune de ces deux garanties ne s’est révélée payante (c’est le cas de le dire), pour les majors. Sitôt retirés, les clips litigieux sont à nouveau « postés » sur le site par des internautes, et comme YouTube se refuse à exercer un filtrage a priori ce petit jeu peut durer indéfiniment. Quant aux recettes publicitaires, elles restent à peu près inexistantes malgré les 41 % de part de marché de YouTube sur la vidéo en ligne, consulté par 30 millions de visiteurs uniques chaque mois. De toute manière, elles sont « illégales », accuse Viacom, qui dénonce un modèle économique fondé sur la tentative d’exploitation commerciale de contenus non autorisés. Pour sa défense, Google avance qu’il ne fait qu’indexer des contenus sans violer aucune propriété intellectuelle. Suite de ce dialogue de sourds devant les prétoires.